DOYON/DEMERS

2016 11th 7a*11d Festival

Doyon/Demers, Noces XV Interackje Festival, Galerie ODA, Piotrkow Trybunalski, Poland 2013 PHOTO Étienne Boulanger

Avant Niagara Falls
Thursday October 13  7:30 pm
Geary Lane

Après Niagara Falls
Saturday October 22  7:30 pm
Geary Lane

Our approach is to realize what is not from what is, working without a studio, without disciplinary concerns, and without stability, other than the repetition of familiar environments. In this sense, the piecemeal integration of the most varied knowledges will be considered appropriate to the project when it leads to a satisfied grin. For 7a*11d, we propose the conclusion of a Low-Tech performance cycle centred on love, where we share with the other sensations induced by the risks inherent in the immediacy of the work, and surf the time of an emotion on different levels of reality.

Hélène Doyon and  Jean-Pierre Demers formed Doyon/Demers in 1987.

Doyon worked as a professor in media arts at Laval University from 2003 to 2009. She has been at Université du Québec à Montréal (UQAM) since 2010, where she teaches Le performatif  [The performative] at the undergraduate level, Art et vie confondus [The blurring of art and life] at the masters level and methodology at the doctoral level.

Demers has taught at these same universities and is currently finalizing his doctoral thesis on undisciplinary research methodology based on Maturana and Varela’s self-reproducing process of the living and Luhmann’s autopoietic process of meaning production.


Notre démarche consiste à réaliser ce qui n’est pas à partir de ce qui est, et cela, sans atelier, sans préoccupation disciplinaire et sans stabilité autre que la répétition d’environnements familiers. En ce sens, l’intégration parcellaire de connaissances les plus diverses sera jugée appropriée au projet dès lors qu’elle conduit à un rictus de satisfaction. À 7a*11d, nous proposons l’épilogue d’un cycle de performances Low-Tech axé sur l’amour, où nous partageons avec l’autre les sensations induites par les risques inhérents à l’immédiateté de l’œuvre et surfons sur différents niveaux de réalité le temps d’un émoi.

Hélène Doyon et Jean-Pierre Demers forment Doyon/Demers depuis 1987.

Doyon a été professeure en arts médiatiques à l’Université Laval de 2003 à 2009 et poursuit en 2010 à l’UQAM où elle enseigne Le performatif au 1er cycle, Art et vie confondus au 2e et méthodologie au 3e.

Demers a aussi enseigné dans ces universités et finalise présentement la rédaction d’une thèse doctorale dont la méthodologie de recherche indisciplinaire s’inspire du processus d’autoreproduction du vivant chez Maturana et Varela et du processus autopoïétique de la production de sens chez Luhmann.

Canada

https://www.facebook.com/doyon.demers

2016 Éminence Grise text

Doyon/Demers, Oreilles, cous, cocos, nez ! Lune de miel RIPA, Coeur des sciences, UQAM, Montréal, Canada 2015 PHOTO Sébastien Blais

Self-Definition

As soon as we completed our studies at the Nova Scotia College of Art and Design in 1987, the idea of engaging in an artistic practice focused on sociological dimensions outside the white cube was added to that of our working together. At that time, a number of publications had begun to showcase a recent history of performance whose pioneers were rethinking the artist’s presence in relation to art and life, including Levine’s Restaurant – Irish, Jewish, Canadian Cuisine (NY, 1969), NE Thing Co. Ltd. (Iain & Ingrid Baxter, 1966-1978), and The 1984 Miss General Idea Pavillion. These were artists who deliberately conflated the location of the work with everyday life, not only through the creation of participatory structures that were incorporated into the social and physical space, but also through the creation of social identities. Such identifications, in resonance with the unartist of Kaprow (1971), generally resulted in a shift away from artistic references. In this sense, the unartist can be likened to the manoeuvrier, who often does not appear as an artist, but as something else. (1)

In this dynamic of new terminologies, new aesthetic conducts and new artistic practices, Doyon/Demers Agence d’enfouissement pour oeuvres et oeuvres d’art [Doyon/Demers Burial Agency for Works and Works of Art] was created in 1990 and held, among others, a Happening with a participating public composed primarily of representatives of Canadian artist-run centres. In the fall of 2001, Doyon/Demers Socio-esthéticien [Doyon/Demers Socio-aesthetician] occupied a commercial space in downtown Saint-Raymond, in order to invite a group of five local hunting widows to create an experimental self-recording of a private meal together by wearing devices that combined a microphone headband with a frontal minicamera. Under this same title, we participated in the symposium on the ordinary at the Sorbonne’s Faculty of Sociology (2012), presenting our undisciplinary research methodology. Indeed, the undisciplinarity of our creative process and practice—whereby, to realize a project, we continuously weave together several types of knowledge, whether from everyday life or different disciplines, just as we weave together several different interactions in the construction of a day—is a central aspect of our self-definition as a duo.

Naturally, artist-run centres support such practices and contribute greatly to rethinking the presence of artists who define themselves by self-defining their approaches to performance. These centres have played the roles of both host and anchor structure to move away from and for us to intervene along the TransCanada from Québec to Banff (1987), on a Fisheries and Oceans Canada dock in Newfoundland (1992), in the lobby of Hull’s city hall (2000), in the market of the Old Port of Québec (2010), etc. This means that the self-definition of performance by artists benefits from a sociopolitical support system largely sustained by cultural democracy and its openness toward a pluralism of values. Be that as it may, the persistence, proliferation and diversity of performance depends primarily on artists who, in constant redefinition of its constituent elements (body + time + space + public), bring to the foreground all forms of art, science, life, and world.

— DOYON/DEMERS
(Translation Paul Couillard

(1) TRANSLATOR’S NOTE A manoeuvrier is someone who initiates a manoeuvre. The term’s use in relation to art, developed in Quebec, refers to a range of artistic practices (disseminating, gathering together, and intrusion), in which a situation is initiated by an artist, but must then be taken up by citizens as a process that precludes the artist from controlling its ultimate outcome or even its authorship. The practice has been extensively theorized by Alain-Martin Richard, whose major texts on the subject can be found in the bilingual publication Alain-Martin Richard: Performances, manoeuvres et autres hypothèses de disparition / Performances, Manoeuvres and Other Hypotheses for Disappearing, eds. Paul Couillard & Alexandra Liva, Toronto/Québec: Fado Performance Inc., Les Causes perdues in© & Sagamie édition d’art, 2014.


Autodéfinition

Dès après nos études au Nova Scotia College of Art and Design en 1987, l’idée de travailler ensemble s’ajoute à celle de s’engager dans une pratique artistique aux dimensions sociologiques et en dehors du White Cube. À l’époque, quelques publications commencent à témoigner d’une histoire récente de la performance et à congratuler les pionniers qui ont repensé la présence de l’artiste dans un rapport art et vie à l’exemple du Levine’s Restaurant – Irish, Jewish, Canadian Cuisine (NY, 1969), de N.E. Thing Co. Ltd. (les Baxter, 1966-1978), puis The 1984 Pavillon Miss General Idea. Des artistes qui confondent volontairement le lieu de l’œuvre avec la vie de tous les jours, non seulement par la création de dispositifs de participation qui s’intègrent au lieu et à l’espace social, mais encore, par la création d’identités sociales. Cette identification, en résonnance avec le désartiste de Kaprow (1971), se traduit d’ordinaire par un détachement du référentiel artistique. En ce sens, le désartiste peut être assimilé au manœuvrier qui, souvent, ne se présente pas en tant qu’artiste, mais en tant qu’autre chose.

Dans cette dynamique de nouvelles terminologies, nouvelles conduites esthétiques et nouvelles pratiques artistiques, Doyon/Demers Agence d’enfouissement pour œuvres et œuvres d’art sera créée en 1990 et tiendra, entre autres, un Happening en présence d’un public participant et majoritairement composé des représentants des centres d’artistes autogérés du Canada. À l’automne 2001, Doyon/Demers Socio-esthéticien occupera un local au centre-ville de Saint-Raymond, afin d’inviter les veuves de chasse de la localité à expérimenter en groupe de cinq l’autocaptation visuelle et sonore, à partir d’un dispositif individuel combinant microphone serre-tête et minicaméra frontale, lors d’un repas privé. C’est aussi sous cette identification que nous avons participé au colloque sur l’ordinaire à la Faculté de sociologie de la Sorbonne (2012), en présentant notre méthodologie de recherche indisciplinaire. En effet, l’indisciplinarité de notre processus de création et de notre pratique — suivant laquelle pour réaliser un projet, on ne cesse d’ourdir toutes sortes de connaissances, qu’elles soient de la vie de tous les jours ou disciplinaires, comme on noue plusieurs interactions dans la construction d’une journée — constitue une notion centrale à l’autodéfinition de notre duo.

Naturellement, les centres d’artistes soutiendront de telles pratiques et contribueront grandement à repenser la présence de l’artiste qui s’autodéfinit en autodéfénissant ses manières d’aborder la performance. Ces centres joueront à la fois le rôle de structure d’accueil et de point d’ancrage permettant de s’en éloigner et d’intervenir sur la Transcanadienne de Québec à Banff (1987), sur un quai de Pêches et Océans Canada à Terre-Neuve (1992), dans le hall de l’hôtel de ville de Hull (2000), au marché du Vieux port de Québec (2010), etc. C’est dire que l’autodéfinition de la performance par les artistes bénéficie d’un système d’accueil sociopolitique largement soutenu par la démocratie culturelle et son ouverture à la pluralisation des valeurs. Quoi qu’il en soit, la persistance et le foisonnement hétérogène de la performance dépendent surtout des artistes qui, dans une constante redéfinition de ses éléments constitutifs (corps + temps + espace + public), la font émerger de toutes formes d’art, de science, de vie et de monde.

— DOYON/DEMERS